Conférence de Antoine Pierrot et Jean-Marc Moriceau à Montpellier…

Docteur Jekyll et Mister Hyde sont de retour:

En conférence à Montpellier le 7 avril 2016 Antoine Pierrot et Jean-Marc Moriceau vont vous expliquer, je cite Antoine Pierrot:

 » Certaines recommandations sont évidentes. Ne pas laisser un enfant seul –jusque 13/14 ans, nous enseignent les archives- en zone à loup, en montagne comme en plaine. Déconseiller aux femmes de pratiquer, seules et en zone à loup, la randonnée à raquettes ou le ski de fond en plein hiver. Ce sont les
cibles les plus prisées par les loups. Certains hommes ont toutefois pu être attaqués, parce qu’ils étaient ivres, ou déficients mentaux, ou que le froid les a paralysés, et les loups sentent la faiblesse.
Il y a aussi les chiens domestiques, dont on ne parle jamais, et pour lesquels il faudra peut-être à l’avenir prendre quelques mesures de précaution. En Roumanie et en Suède, énormément de chiens se font étriper par les loups. Soit les chiens de chasse lors de rencontres, soit les chiens attachés dans la cour de la ferme quand les loups descendent dans les vallées pendant l’hiver. »

(déclarations faites dans le JDL)


 

L’ensemble des déclarations de Antoine Pierrot au sujet du loup dans l »histoire:

Lors du symposium «Vivre ensemble avec le loup» qui s’est tenu, du 9 au 12 octobre 2013 à Saint-Martin Vésubie, au cœur du Mercantour, certains intervenants, très «loin d’être des inconditionnels du canidé», historiens, naturalistes, géographes, sociologues, ethnologues ou biologistes ont mis en commun des données afin de «réfléchir, ensemble, aux implications du retour du loup.»
Dans le journal de l’Environnement du 17 octobre 2013, il faut relever les déclarations, pour le moins
exubérantes d’Antoine Pierrot, maître de conférences en histoire ancienne à Montpellier III, qui
étudie l’impact de la présence du loup en Roumanie et explique en ces termes:
«Le principal reproche qui a été fait à Jean-Marc Moriceau, c’est d’avoir travaillé à partir de sources
chrétiennes -des actes de décès, des récits de prêtres, …, qui considéraient le loup comme un animal
diabolique. Certains pro-loup sont même allés jusqu’à soutenir que ces attaques attribuées à des loups
cacheraient en fait des actes pédophiles, notamment parce que 90% des victimes sont des enfants et des femmes. Mais cette sur-représentation s’explique par le fait que le loup choisit ses victimes parmi les plus faibles.»
«Enfin, il existe quelques mentions explicites sur des stèles funéraires –pour ma part, j’en ai déjà trouvé deux en Asie mineure- de personnes dévorées par des loups avant le Moyen-Age. Donc soutenir que c’est la diabolisation du loup par les chrétiens qui aurait fait naître le mythe du «loup mangeur d’homme», c’est faux.»
«C’est une chose banale depuis l’Antiquité, même si c’est un fait qui est resté relativement rare.»

Comment une chose peut-elle être banale et rare en même temps? La Gazette, en 1890, n’aurait pas fait mieux!
«Et quoi de plus normal que cette prédation: le loup est un prédateur, très intelligent, opportuniste, qui sait éviter les risques, qui va à la proie la plus facile et quand il est incapable de trouver du gibier –quand il est fait très froid, par exemple, et que le gibier meurt ou se cache- il peut attaquer l’Homme. De plus, il a tendance à avoir perdu la peur de l’Homme aujourd’hui, tellement il est protégé par la loi.»
Les explication de  Maître Pierrot semble tiré d’une gazette à grand tirage du 19éme siècle. Gazettes qui décrivaient à l’époque des histoires abracadabrantesques de meute de cent loups s’attaquant et détruisant des groupes entiers de cosaques armés jusqu’aux dents.
«Mais les défenseurs du loup devraient se rendre compte que le jour où un enfant ou une femme, en France ou en Italie, sera tué ou dévoré par des loups, l’opinion publique dira «on nous a menti, ça fait 30 ans qu’on nous dit que c’est impossible» et elle demandera ce que ses défenseurs redoutent le plus: l’éradication du loup. Les défenseurs du loup auraient donc intérêt à anticiper sur des faits aussi graves. Il suffirait de prendre quelques mesures de précaution pour éviter que ça se produise.»
revueloup

Le pire serait à venir!
et répondant à la question du
JDLE – Quelles peuvent-elles être?
Antoine Pierrot poursuit:
« Certaines recommandations sont évidentes. Ne pas laisser un enfant seul –jusque 13/14 ans, nous enseignent les archives- en zone à loup, en montagne comme en plaine. Déconseiller aux femmes de pratiquer, seules et en zone à loup, la randonnée à raquettes ou le ski de fond en plein hiver. Ce sont les cibles les plus prisées par les loups. Certains hommes ont toutefois pu être attaqués, parce qu’ils étaient ivres, ou déficients mentaux, ou que le froid les a paralysés, et les loups sentent la faiblesse.
Il y a aussi les chiens domestiques, dont on ne parle jamais, et pour lesquels il faudra peut-être à l’avenir prendre quelques mesures de précaution. En Roumanie et en Suède, énormément de chiens se font étriper par les loups. Soit les chiens de chasse lors de rencontres, soit les chiens attachés dans la cour de la ferme quand les loups descendent dans les vallées pendant l’hiver. »
« Il ne faut pas dramatiser. En Roumanie, le maire d’un village m’a expliqué que les enfants, qui
parcourent plusieurs kilomètres à pied pour se rendre à l’école en plein hiver,, ne se déplacent qu’ensemble, avec des bâtons, et qu’ils savent se défendre contre les chiens. Il faut réapprendre à vivre prudemment, dans certaines circonstances. »

Et parlant de la rage:
«Elle n’existe pas à l’heure actuelle en France, mais j’ai les plus grandes craintes sur son retour. Car les
populations de loup circulent en Europe, les populations se croisent. Par exemple, une louve italienne a
récemment fait des petits avec un loup slovène. Or la rage existe en Roumanie et en Russie. J’ai retrouvé plusieurs cas d’attaques par des loups enragés en Roumanie jusqu’en
2009, et il y en a eu peut-être encore plus récemment.Il suffit d’un seul individu qui traverse l’Europe pour que la rage réapparaisse.»
Alors qu’un individu porteur de la rage ne survit pas plus de quelques jours, une fois la maladie contractée. Individu qui, bien entendu ne peut traverser l’Europe entière en quelques jours! Puisque cela demanderai pour le moins, une année entière. Le loup ne se déplace pas en ligne droite, il triangule, mais les historiens ne semblent pas le savoir.

Pourquoi chercher ailleurs ce qui n’existe pas chez soi?
« Il est intéressant d’opérer des comparaisons avec d’autres animaux mangeurs d’hommes, comme les
jaguars, le lion du Tsavo au Kenya, les tigres en Inde, ou les pumas en Amérique du Nord… Dans les années 1930, un chasseur écrivait qu’il ne croyait pas à la notion de peur innée de l’Homme chez ces animaux, mais qu’elle est acquise au contact de l’Homme et transmise par l’éducation par les parents. Que s’est-il passé en Europe dans le cas du loup? Depuis la diffusion des armes à feu, on a éliminé les loups, et particulièrement ceux qui n’avaient pas suffisamment peur de l’Homme. N’ont survécu que les loups qui ont fui l’Homme, parce qu’ils étaient plus timides ou craintifs. Les louves ont fait des petits, leur ont appris à chasser les chevreuils, des moutons, etc. mais pas l’Homme. Les louveteaux n’ont pas appris que l’Homme est une proie.»
De fait l’homme a éradiqué le loup, il n’y a donc jamais eu transmission des comportements de chasse, sauf en Italie, par exemple, ou le loup pourtant ne prend pas l’homme pour une proie.
Comment est-ce-possible si ce n’est donc par un comportement inné?
Bien sûr l’acquis forment un comportement de chasse. Mais le loup ne prenant pas en compte, l’humain, dans ses proies potentielles, comment pourrait-il acquérir un acquis à ce sujet? Il a donc bien une autre explication. L’homme et le loup ont cohabité depuis des milliers d’années sur les mêmes territoires de chasse, l’inné, qui est un caractère fondamental, ne peut avoir écarté l’humain qui a du apparaître, très rapidement, comme un concurrent sérieux. Et un prédateur.
«Nous sommes des proies faciles. Nous n’avons pas de croc, pas de griffe et
nous ne savons pas courir vite. Nous sommes le gibier le plus facile. Notre
viande est, paraît-il, savoureuse. Et nous sommes une ressource «inépuisable»,
puisque des Hommes, il y en a partout. Certes, aujourd’hui, il n’y a plus de
peste, ni de guerre, mais il peut y avoir un randonneur qui tombe, se blesse,
voire meurt. Une meute passe à proximité, elle le mange. Et là c’est la
catastrophe.
Je suis catégorique: un loup qui a réussi à manger de la viande humaine, c’est un danger public. Pour mémoire, on abat les chiens qui y ont goûté, car ils nous ont identifiés comme des proies potentielles.»
Alors que les faits de guerre engagent à la destruction ou la dispersion des proies naturelles du canidé. Dans des contextes forestiers tout à fait différents, puisque les ressources sont actuellement très supérieures à certaines époques moyenâgeuses.

Et Antoine Pierrot de poursuivre,
«D’abord parce que les loups n’ont pas encore atteint la même taille qu’en Europe de l’Est. Ensuite parce qu’il y a largement de quoi les nourrir avec lafaune sauvage et les troupeaux. Enfin parce qu’ils ont encore des territoires à conquérir. La comparaison avec la Roumanie est riche d’enseignements, mais c’est un pays plus petit que la France, avec 10 fois plus de loups. Les hivers y sont très rigoureux et le gibier beaucoup moins abondant. Je crois que nous avons les capacités pour gérer cette situation, mais il faut anticiper. Pour cela, il faudrait arrêter de nier que le loup peut attaquer l’Homme. Heureusement il ne le fait plus en France, car les conditions ont changé.
Mais cela peut évoluer, ce n’est pas un état de fait définitif. Le loup n’est ni ange, ni diable; c’est un animal qui a faim, très vorace et qui mange beaucoup, car il se déplace beaucoup.»
Il est bien évident que l’historien méconnaît complètement la biologie du loup, gérer et anticiper sur le loup en axant les démarches sur le rapport loups-prédateurs/hommes-proies n’aurait absolument aucun sens, les faits de morsures ou de consommation de viande humaine,
ayant pour cause dans la totalité des cas, des défauts de comportement humains. Approche, traque, nourrissage, mise en danger des louveteaux, nourrissage du gibier, tirs engagés sur des groupes confinés dans un espace défini et invariable, comportements non raisonnés, erreur de diagnostiques, suppositions et hypothèses non fondées.
Alors que certains Historiens de la paysannerie, ne consacrent que quelques lignes au loup, dans leurs ouvrages, d’autres expliquent, comme, l’alsacien Pfeiffer dans son premier livre
«Les brûleurs de loups»
que le canidé est l’exemple même du traitement d’une justice naturelle, complètement à charge, organisée par le curé du village qui cherchent des ouailles, le paysan en mal de terre arable, et l’assassin qui se débarrasse du corps de sa victime, en lisière de forêt. Alors que l’enfant du paysan est dévolu à la garde du troupeau, souvent au contact des sylves.

Que disaient les naturalistes du 19éme?
Il faut également souligner que après de longs siècles de désinformation notoires, les naturalistes du 19éme siècle reprenant les écrits de Georges-Louis Leclerc de Buffon, parlait du
sauvage en ses termes:
« ces animaux que nous appelons sauvages, parce qu’ils ne nous sont pas soumis, ont-ils besoin de plus pour être heureux ? Ils ont encore l’égalité, ils ne sont ni les esclaves ni les tyrans de leurs semblables; l’individu n’a pas à craindre, comme l’homme, tout le reste de son espèce, ils ont entre-eux la paix, et la guerre ne leur vient que des étranger ou de nous. »
Dans le Supplément à l’Histoire Naturelle, de Buffon, repris par Cuvier en 1831, ce dernier décrivait le loup en ses termes:
 » Ce que Buffon dit de la nature du loup est exact à quelques exagérations près. Ainsi, ces animaux ne se mangent point les uns les autres comme il le rapporte; la gestation n’est chez eux, comme chez les chiens, que de deux mois environ; et s’il ne put en apprivoiser complètement, on ne doit l’attribuer qu’aux individus sur lesquels ses expériences ont été faites; car depuis on a souvent eu des loups apprivoisés, et la Ménagerie du Roi en a possédé qui l’étaient complètement; plusieurs louves mêmes ont vécu en liberté avec des chiens dont elles avaient pris toutes les habitudes, et avec lesquels elles s’accouplaient et produisaient. »
Sur ce dernier point, Buffon a longtemps pensé que l’antipathie du loup et du chien était telle que ces animaux ne pouvaient produire ensemble; mais plus tard, il est revenu de cette prévention par des expériences auxquelles il prit part; il a l’ait connaître les métis qui avaient été le résultat de leur union, et les produits de ces métis entre eux pendant quatre générations : son but était de voir si ces animaux, qui tenaient du chien et du loup, resteraient intermédiaires entre ces deux espèces, ou reviendraient à l’une des deux; mais les expériences ne furent point continuées assez long-temps , et le dernier des métis qui fit le sujet de ses observations paraissait encore tenir des deux souches de sa race.»
Et de conclure sur la description du loup:
«Le loup est l’un de ces animaux dont l’appétit pour la chair est le plus véhément; et quoiqu’avec ce goût il ait reçu de la nature les moyens de le satisfaire, qu’elle lui ait donné des armes, de la ruse, de l’agilité, de la force, tout ce qui est nécessaire en un mot pour trouver, attaquer, vaincre, saisir et dévorer sa proie, cependant il meurt souvent de faim, parce que l’homme lui ayant déclaré la guerre, l’ayant même proscrit en mettant sa tête à prix, le force à fuir, à demeurer dans les bois, où il ne trouve que quelques animaux sauvages qui lui échappent par la vitesse de leur course, et qu’il ne peut surprendre que par hasard ou par patience, en les attendant long-temps, et souvent en vain, dans les endroits où ils doivent passer. Il est naturellement grossier et poltron, mais il devient ingénieux par besoin, et hardi par nécessité; pressé par la famine, il brave le danger, vient attaquer les animaux qui sont sous la garde de l’homme, ceux surtout qu’il peut emporter aisément, comme les agneaux, les petits chiens, les chevreaux; et lorsque cette maraude lui réussit, il revient souvent à la charge, jusqu’à ce qu’ayant été blessé ou chassé et maltraité par les hommes et les chiens, il se recèle pendant le jour dans son fort, n’en sort que la nuit, parcourt la campagne, rôde autour des habitations, ravit les animaux
abandonnés , vient attaquer les bergeries , gratte et creuse la terre sous les
portes, entre furieux, met tout à mort avant de choisir et d’emporter sa proie.
Lorsque ces courses ne lui produisent rien , il retourne au fond des bois, se met en quête, cherche, suit à la piste, chasse, poursuit les animaux sauvages, dans l’espérance qu’un autre loup pourra les arrêter, les saisir dans leur fuite, et qu’ils en partageront la dépouille. Enfin, lorsque le besoin est extrême, il s’expose à tout, attaque les femmes et les enfants, se jette même quelquefois sur les hommes, devient furieux par ces excès, qui finissent ordinairement par la rage et la mort. »
Le culte du loup anthropophage n’a donc jamais existé, ailleurs que dans la tête des hommes. Buffon assimilait la rage à une conséquence de la faim, ou de la persécution des hommes, ce qui bien entendu, est inexacte, puisque l’hydrophobie qui est un des symptômes de la maladie et implique l’impossibilité d’ingurgiter puisque l’estomac rejette toute nourriture.
Par contre, Buffon avait parfaitement compris, à l’époque, que la traque du loup pousse le canidé vers le domestique. Alors qu’il attribue ce phénomène à la faim, nous présentons seulement aujourd’hui qu’une pression de chasse forte engage les déstructurations de meute et dispersions qui minimisent les capacités du groupe à la chasse et un retour constant, parfois, sur les ovins, là ou ils sont vulnérables, c’est à dire, sans aucune protection sérieuse, le plus souvent.

Peut-on croire un instant les « BUFONERIES » des deux détracteurs du loup; Antoine Pierrot et Jean-Marc Moriceau?

 

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