Statistiques du chien de protection! Alors Bon ou Mauvais?

Certaines affirmations dans ce document sont contestées et contestables, elles sont surlignés en gras!

En plaine ou en basse montagne, le troupeau est souvent divisé en plusieurs lots, stationnés pendant toute la saison, dans différents parcs.

Avant la lecture de ce document, il est nécessaire de savoir que certains chiens de protection sont mis en place, trop tôt ( histoires vécues). Exemple:

-un jeune Patou de 7 mois, sans aucune expérience, est placé sur un troupeau de 350 brebis, en présence du loup. Les conséquences:

Le Patou n’a pas compris que l’humain n’est pas un prédateur du mouton, il mord à plusieurs reprises.

Le chien en question se laisse surprendre ( volontairement ou non) à plusieurs reprises dans le parc de nuit. Il ne prévient pas de la présence du loup. Le troupeau est prélevé à plusieurs reprises, sans intervention du chien.

-un Patou adulte, non formé, est introduit au troupeau. Ce chien, acheté à un particulier, non professionnel de l’élevage, tue plusieurs brebis, dès les premiers jours. Il finira avec une balle dans la tête!

-un jeune Patou en présence d’adultes s’investit de manière directe sur le loup, durant une période de prédation. Il sera « corrigé » et soumis au loup très rapidement, donc deviendra par la suite inefficace. Il est important de bien évalué le chien de protection! Il devrait être validé et suivi par un professionnel! Ce n’est pas le cas!

-une meute de dix chiens ( dont les chiens de conduite, vraisemblablement) dont la formation est celle du terrain, n’arrive pas à contenir les prédations du loup. Pourquoi?


L’Etude en question:

Une étude portant sur le massif du Jura, pendant dix ans, observant les prédations du lynx sur les ovins et caprins apporte les constatations suivantes, alors que 60% seulement des lots sont protégés.

La mise en service des chiens de protection n’a pas été faite en corrélation avec la présence d’une lisière forestière. Il est donc, théoriquement possible, d’améliorer les résultats. Les chiffres parlent d’eux même !

L’étude porte sur 42 chiens dont le Patou constitue 90% des effectifs dont une majorité de mâle. ( 70%)

22 éleveurs ont participé à l’enquête menée par Jean-Marc LANDRY & Patrice RAYDELET ( pôle des grands prédateurs).

Voir les liens en bas de page.

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Commentaire à propos de cette image: sur cette image on peut voir ( en estive) que le chien jauge bien la situation, des touristes passent à proximité du troupeau, le chien observe calmement, il s’interpose sans violence et affirme qu’il est présent…sans aboyer…il est attentif…aux réactions de l’humain…ce même chien à charger deux individus qui se présentaient sans bruit et sans s’annoncer à la cabane du berger, il a été stoppé d’un rappel, pourtant, la charge était violente, mais il a obtempéré. Que ce serait-il arrivé si le berger s’était absenté momentanément ? Ce chien s’est également interposé à un touriste qui tenait un chien berger belge, au détour d’un sentier invisible, ce dernier a tenu son chien, le Patou a cherché le contact, sans mordre, toutefois, et après de nombreux rappels, il a obtempéré! Faut-il former les chiens de protection des troupeaux et les faire valider par un organisme indépendant (sans conflit d’intérêt) ? A quand une école de formation?


L’évolution des dommages est la suivante :

Chute en moyenne de 70%

84% des éleveurs n’ont subi aucun dommage ou on réduit les dommages de 90% ( les tentatives de prédation sur les troupeaux « protégés » existent quand les chiens sont retirés momentanément)

Les pertes sont élevées chez les éleveurs dont la garde du ou des chiens n’est pas assurée sur l ‘ensemble des lots de moutons ( 16%)

Les pertes subies le sont dans 98% des cas sur des troupeaux non protégés par le Patou ou le Maremme

En présence du loup, dans un cas particulier, 27% des prédations sont le fait du lynx, 73% le fait de chiens divagants alors que 50% des lots ne sont pas couvert par la protection de chiens !

Le nombre d’années sans aucun prélèvement est de 7 en moyenne, à relativiser, puisqu’un éleveur a toujours bénéficié de protection canine pour ses troupeaux. La fourchette est large, entre 1 à 23 ans sans prélèvement.

4 ans semble la moyenne relative, acceptable, sur cette étude !

Plus de 80% des éleveurs atteste que la présence de chiens est indispensable.

Les relations entre chien de conduite ( Border collie) et Patou sont jugées bonnes dans 67% des cas de contact, sur 27 chiens observés.

Le temps consacré aux chiens, varie de 5 minutes à deux heures par jour, en fonction de leur âge, 0 à 15 minutes, par jour, dans 85% des cas. La formation des éleveurs semble donc importante dans tous les cas. Le niveau de connaissance des éleveurs, concernant le chien de défense, est faible ou moyen dans 75% des cas ! Sans formation, 46% des chiens sont efficaces, 100% quand l’éleveur est formé.

(voir le lien, en bas de page)

Les conflits de voisinage concernent 50% des éleveurs, répartis entre les chasseurs et les voisins directs. Les conflits de voisinage (aboiement) concernent 30% des éleveurs, les relations avec les chasseurs sont détériorées par la présence de chiens de chasse, qui ne semblent pas êtres aux ordres. Il est peut-être possible d’établir une corrélation entre le temps consacré aux chiens et les conflits de voisinage. L’importance de l’éducation du ou des chiens est donc primordiale pour assurer la paix !

Deux accidents notoires (tentative de morsure) sont à relever :

Une tentative de pincement sur un chasseur qui cherchait à caresser un chien de protection.

Le saisissement du vêtement au niveau du bras, lors de l’entrée en bergerie, d’une personne non habilitée qui a outrepassé une interdiction d’entrer. Les comportements individuels irréfléchis sont donc générateur de défaut de comportement des chiens, l’information des touristes peut localement être indispensable même si elle n’est que rarement suivie !

En conclusion cette étude confirme que le chien de protection est la base d’une protection de troupeau, et atteste de la disparition ou de la réduction des dégâts faits aux troupeaux par les prédateurs.

Il est cependant indispensable d’encadrer le chien de protection, une présence humaine fréquente est un impératif à la mise en protection des troupeaux, en particulier sur les estives, largement ouvertes aux prédateurs.

Les chiens de protection ont été utilisés durant des milliers d’années sur le territoire national avant l’éradication des grands prédateurs. Il serait nécessaire d’effectuer des études scientifiques quant à la qualité des différentes race concernées.

Concernant le loup, on peut attendre les mêmes résultats dans les plaines, les terrains accidentés demandent des chiens aguerris et plus nombreux, présents en permanence. Une présence humaine  fréquente. Les instincts de regroupement des moutons ( en général, ce n’est pas le cas de toutes les races) facilitent le travail des chiens. Les jeunes chiens peuvent « s’auto-former », en présence d’un chien adulte expérimenté. (ce qui est contesté et contestable) Les premiers signes d’attachement fort vis à vis du troupeau apparaissent dès l’âge de 5 mois, à l’éleveur de garder la distance nécessaire avec son chien, afin que le troupeau devienne sa meute. (ce qui est contesté et contestable) L’abreuvement des chiens doit se faire au même endroit que celui des ovins.

Les cas de morsures, affectées par le « Patou », concernent moins de 4% d’un effectif, le plus souvent, pour ne pas dire, dans tous les cas, suite, à un défaut de comportement humain ! En présence de deux chiens, la probabilité d’une morsure est donc de :

Moins de 1 sur 1000.


Efficacité du chien au travail en zone loup ( 99% de Patou) :

Il faut remarquer il n’existe pas d’étude sur le mélange de races de chiens de protection sur les troupeaux. Certaines races comme l’anatolie, n’ont pas les mêmes comportements vis à vis des prédateurs. Associer différentes races, en groupement cynophile, semble être une des solutions à la prédation. Une race capable:

    -de quitter les ovins, pour y revenir,

    – d’intercepter un ou plusieurs canidés sauvages avant l’accès au troupeau

serait le bienvenue, en particulier en zone d’estive.

La taille des oreilles et de la queue, interdite en France, semble être une solution aux blessures engendrées par le contact physique direct avec le loup. Dans certains cas, le sauvage entaille les oreilles du chien de protection ce qui provoque un saignement abondant. La queue du chien de protection constitue une prise facile, alors que le loup en meute, dans de rares cas, est parfaitement capable de « prélever » un chien de type maremme par exemple, les cas sont connus.

Une étude sur les blessures engendrés par le loup sur les chiens de protection serait importante à la détermination des critères de préparation et d’adaptation à adopter sur les chiens de protection.

Les prédations du chien de défense sur les ovins représente moins de 1% des chiens sur 113 chiens observés. ( 17% des chiots blessent, par jeu, un ou plusieurs agneau, d’où l’intérêt de « l’auto-formation » par un adulte chevronné, la fugue est fréquente également, avant 9 mois)

La présence humaine n’est pas indispensable les premiers mois de gardiennage, elle dépend du temps passé, par le chien, en bergerie. (contestable et contesté) Toutefois l’accoutumance du troupeau est favorisée par un passage occasionnel de l’éleveur ou du berger.

Le niveau de satisfaction des éleveurs est de 92%, estimation « bonne » à « moyenne », le taux est lié aux connaissances de l’éleveur.

L’agressivité des chiens est ressentie dans 6% des contacts, en particulier en présence d’un chien étranger. Dans les faits sur une observation (Ferus) de 387 cas (randonneurs), aucune morsure n’est avérée en présence d’agressivité du chien de défense. Les mamies devront éventuellement laisser leur toutou à l’hôtel, le temps d’une belle balade !

Le temps d’adaptation du troupeau est de 1 à 4 mois dans 75% des cas, pour le premier chien, 1 mois pour le second.

Le chien de défense est efficace si :

Le niveau de prédation est fort

Le temps de préparation des chiots est suffisant

Les chiens sont capables de travailler dans des conditions extrêmes

La présence d’un berger est économiquement possible à partir de 700 têtes de bétail, le regroupement des petits lots, dans certains cas est donc, indispensable, pour se préserver du loup dans des conditions acceptables. De manière à mutualiser les moyens. L’entraide est donc indispensable à la protection des troupeaux.

Pour conclure citons l’Est Républicain en date du 23 juin 2011 :

« Coté éleveurs, on est encore plus radical. « C’est simple, le VTT et le parapente à La Bresse c’est fini ! Si on continue notre élevage, on va devoir utiliser des chiens de défense. Ces chiens-là se sentent agressés par ce genre de pratique et pourraient s’en prendre à ces sportifs. En sachant qu’il suffit de deux chiens comme ça pour disséminer une meute entière de loups ! », prévient J-Y P…. » (contesté et contestable)

Rappel: En terme d’expérimentation, il serait possible d’envisager le mélange de plusieurs races adultes en présence du troupeau, en respectant un ordre d’introduction en rapport avec le caractère des races concernées :

exemple :

Sarplaninac—-Patou—-Anatolie—-Beauceron—-Mâtin,  dans cet ordre « expérimental »

(Beauceron et Mâtin sur les bovins à priori)

En complément je vous livre ces deux dossiers de la Buvette des Alpages sur le sujet.

http://www.buvettedesalpages.be/mauries-mathieu/

http://www.polegrandspredateurs.org/

http://www.loup.org/spip/IMG/pdf/doc-52.pdf

http://www.ferus.fr/loup/le-loup-et-les-troupeaux

3 commentaires

  • Pourquoi des races comme, par exemple, le berger blanc suisse qui possède un fort instinct de meute et peut être efficace en protection dès lors qu’ils sont plusieurs specimens, n’ont pas été testées en France ? Je pense à cette race en particulier car elle est utilisée au Canada pour ses qualités dissuasives envers les grands prédateurs, et sa faible agressivité qui l’amène à entrer au contact sans toutefois attaquer.

  • Tout à fait, d’où l’intérêt de le faire savoir!

  • Tant que ces discours affligeants (et bourrés de contre vérités) sur les chiens de protection seront tenu par des personnes qui n’ont ni troupeau ni chiens de protection – donc totalement incompétentes sur le sujet – le résultat sera toujours catastrophique tant pour les éleveurs que pour les chiens eux-mêmes. A moins de vivre 24 heures sur 24 avec un troupeau et des chiens de protection il est impossible de comprendre leur fonctionnement et de les utiliser à bon escient.
    Vu le bordel qui existe en France sur ce sujet depuis 25 ans il semble évident que la situation est volontairement maintenue à son plus bas niveau de compétence … à qui profite le crime ?

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