Chien de protection

Afin de protéger les troupeaux des prédations, les bergers ont sélectionné de gros chiens destinés à la protection de leurs bêtes. Les particularités de ces chiens sont nombreuses, rester en permanence avec les moutons et être capables de tenir tête à un ours ou à un loup est leur credo.

Autrefois, les bergers dotaient leurs chiens de collier à clous afin de les avantager dans un éventuel contact avec le prédateur.

Ce type de chien aurait vu le jour en Asie et son utilisation remonterait à plus de 5000 ans. Il serait arrivé en Europe en compagnie des bergers nomades originaires du

Caucase ou par la route de la soie. Actuellement, on recense plus de 30 races à travers toute l’Europe. Avec l’éradication des prédateurs de nombreuses régions et pays, l’utilisation du chien de protection s’est raréfiée ou a disparu.

Les récentes expériences de blessures exercées sur les chiens de protection, par les loups, s’expliquent en partie par le fait que, un jeune Patou, va souvent, trop vite, au contact, sur le canidé, les vieux chiens expérimentés, au contraire cherchent uniquement à s’interposer, d’autres quand ils sont en nombre, ne participent pas directement, les uns se reposant sur les autres, en particulier quand une seule race est présente sur le troupeau.

Une forte expérimentation serait encore, là aussi, nécessaire, un collier à impulsion électrique, « anti-morsure », combiné à un harnais doté d’électrodes sur les parties du corps (ou les voisines) ou le loup saisit habituellement une proie, comme le dos, l’intérieur de la cuisse, ou l’extérieur, une simple pile 9 volts pourrait suffire à engager une fuite du canidé et à protéger les jeunes chiens fougueux.

La première initiative revient, à l’Institut de l’Elevage, en 1985, pour se protéger des attaques de chiens divagants. le Montagne des Pyrénées, utilisé traditionnellement dans ce massif montagneux, a donc été mis en place et le canidé domestique a pris ses marques dans de nombreux massifs ( Alpes, Jura, Vosges) , afin de protéger les troupeaux.

Correctement utilisé, il se révèle efficace et contribue à diminuer les pertes d’une manière significative. Les éleveurs voisins qui n’ont pas de chien enregistrent toujours des pertes importantes. Le chien berger des Abruzzes et de Maremme est un partenaire précieux pour le moutonnier, c’est le chien de protection qui est le plus souvent utilisé en Europe (Portugal, Norvège, France, Slovaquie, Bulgarie, etc.)

Il est donc totalement judicieux, d’anticiper sur la dispersion du prédateur. Mettre en place les chiens avant l’arrivée du loup, tout en disposant de plusieurs individus permet de se protéger des meutes, tout en facilitant la cohésion entre les chiens et le troupeau.

Statistiques du chien de protection

En plaine ou en basse montagne, le troupeau est souvent divisé

en plusieurs lots, stationnés pendant toute la saison, dans différents parcs.

Une étude portant sur le massif du Jura, pendant dix ans, observant les prédations du lynx sur les ovins et caprins apporte les constatations suivantes, alors que 60% seulement des lots sont protégés.

La mise en service des chiens de protection n’a pas été faite en corrélation avec la présence d’une lisière forestière. Il est donc, théoriquement possible, d’améliorer les résultats. Les chiffres parlent d’eux même !

L’étude porte sur 42 chiens dont le Patou constitue 90% des effectifs dont une majorité de mâle. ( 70%)

22 éleveurs ont participé à l’enquête menée par Jean-Marc LANDRY & Patrice RAYDELET ( pôle des grands prédateurs).

Voir le lien en bas de page.

L’évolution des dommages est la suivante :

Chute en moyenne de 70%

84% des éleveurs n’ont subi aucun dommage ou on réduit les dommages de 90% ( les tentatives de prédation sur les troupeaux « protégés » existent quand les chiens sont retirés momentanément)

Les pertes sont élevées chez les éleveurs dont la garde du ou des chiens n’est pas assurée sur l ‘ensemble des lots de moutons ( 16%)

Les pertes subies le sont dans 98% des cas sur des troupeaux non protégés par le Patou ou le Maremme

En présence du loup, dans un cas particulier, 27% des prédations sont le fait du lynx, 73% le fait de chiens divagants alors que 50% des lots ne sont pas couvert par la protection de chiens !

Le nombre d’années sans aucun prélèvement est de 7 en moyenne, à relativiser, puisqu’un éleveur a toujours bénéficié de protection canine pour ses troupeaux. La fourchette est large, entre 1 à 23 ans sans prélèvement.

4 ans semble la moyenne relative, acceptable, sur cette étude !

Plus de 80% des éleveurs atteste que la présence de chiens est indispensable.

Les relations entre chien de conduite ( Border collie) et Patou sont jugées bonnes dans 67% des cas de contact, sur 27 chiens observés.

Le temps consacré aux chiens, varie de 5 minutes à deux heures par jour, en fonction de leur âge, 0 à 15 minutes, par jour, dans 85% des cas. La formation des éleveurs semble donc importante dans tous les cas. Le niveau de connaissance des éleveurs, concernant le chien de défense, est faible ou moyen dans 75% des cas ! Sans formation, 46% des chiens sont efficaces, 100% quand l’éleveur est formé.

(voir le lien, en bas de page)

Les conflits de voisinage concernent 50% des éleveurs, répartis entre les chasseurs et les voisins directs. Les conflits de voisinage (aboiement) concernent 30% des éleveurs, les relations avec les chasseurs sont détériorées par la présence de chiens de chasse, qui ne semblent pas êtres aux ordres. Il est peut-être possible d’établir une corrélation entre le temps consacré aux chiens et les conflits de voisinage.

L’importance de l’éducation du ou des chiens est donc primordiale pour assurer la paix !

Deux accidents notoires (tentative de morsure) sont à relever :

Une tentative de pincement sur un chasseur qui cherchait à caresser un chien de défense.

Le saisissement du vêtement au niveau du bras, lors de l’entrée en bergerie, d’une personne non habilitée qui a outrepassé une interdiction d’entrer. Les comportements individuels irréfléchis sont donc générateur de défaut de comportement des chiens, l’information des touristes peut localement être indispensable !

En conclusion cette étude confirme que le chien de protection est la base d’une protection de troupeau, et atteste de la disparition ou de la réduction des dégâts faits aux troupeaux par les prédateurs.

Les chiens de protection ont été utilisés durant des milliers d’années sur le territoire national avant l’éradication des grands prédateurs. Il serait nécessaire d’effectuer des études scientifiques quant à la qualité des différentes race concernées.

Concernant le loup, on peut attendre les mêmes résultats dans les plaines, les terrains accidentés demandent des chiens aguerris et plus nombreux, présents en permanence. Une présence humaine plus fréquente. Les instincts de regroupement des moutons ( en général, ce n’est pas le cas de toutes les races) facilitent le travail des chiens. Les jeunes chiens peuvent « s’auto-former », en présence d’un chien adulte expérimenté. Les premiers signes d’attachement fort vis à vis du troupeau apparaissent dès l’âge de 5 mois, à l’éleveur de garder la distance nécessaire avec son chien, afin que le troupeau devienne sa meute. L’abreuvement des chiens doit se faire au même endroit que celui des ovins.

Les cas de morsures, affectées par le « Patou », concernent moins de 4% d’un effectif, le plus souvent, pour ne pas dire, dans tous les cas, suite, à un défaut de comportement humain ! En présence de deux chiens, la probabilité d’une morsure est donc de : Moins de 1 sur 1000.

Efficacité du chien au travail en zone loup ( 99% de Patou) :

Les prédations du chien de défense sur les ovins représente moins de 1% des chiens sur 113 chiens observés. ( 17% des chiots blessent, par jeu, un ou plusieurs agneau, d’où l’intérêt de « l’auto-formation » par un adulte chevronné, la fugue est fréquente également, avant 9 mois)

La présence humaine n’est pas indispensable les premiers mois de gardiennage, elle dépend du temps passé, par le chien, en bergerie. Toutefois l’accoutumance du troupeau est favorisée par un passage occasionnel de l’éleveur ou du berger.

Le niveau de satisfaction des éleveurs est de 92%, estimation « bonne » à « moyenne », le taux est lié aux connaissances de l’éleveur.

L’agressivité des chiens est ressentie dans 6% des contacts, en particulier en présence d’un chien étranger. Dans les faits sur une observation (Ferus) de 387 cas (randonneurs), aucune morsure n’est avérée en présence d’agressivité du chien de défense. Les mamies devront éventuellement laisser leur toutou à l’hôtel, le temps d’une belle balade !

Le temps d’adaptation du troupeau est de 1 à 4 mois dans 75% des cas, pour le premier chien, 1 mois pour le second.

Le chien de défense est efficace si :

Le niveau de prédation est fort

Le temps de préparation des chiots est suffisant

Les chiens sont capables de travailler dans des conditions extrêmes

La présence d’un berger est économiquement possible à partir de 700 têtes de bétail, le regroupement des petits lots, dans certains cas est donc, indispensable, pour se préserver du loup complètement,

Pour conclure citons l’Est Républicain en date du 23 juin 2011 :

« Coté éleveurs, on est encore plus radical. « C’est simple, le VTT et le parapente à La Bresse c’est fini ! Si on continue notre élevage, on va devoir utiliser des chiens de défense. Ces chiens-là se sentent agressés par ce genre de pratique et pourraient s’en prendre à ces sportifs. En sachant qu’il suffit de deux chiens comme ça pour disséminer une meute entière de loups ! », prévient J-Y P…. »

En terme d’expérimentation, il serait possible d’envisager le mélange de plusieurs races en présence du troupeau, en respectant un ordre d’introduction en rapport avec le caractère des races concernées :

Exemples : Saplagniac—-Patou—-Anatolie—-Beauceron—-Mâtin,

de préférence dans cet ordre « expérimental »

3 commentaires

  • Pour appuyer le commentaire de de Mathieu Mauriès :

    Les chiens de protection ne sont pas des « outils » que l’on se procure comme un « répulsif contre les loups ».

    De leur relation au berger dépendra leur implication et leur efficacité dans la protection du troupeau, d’où la nécessité d’une formation minimum pour comprendre et respecter l’animal pour ceux qui ne sont pas familiers de ce type de chiens, afin de le mettre dans les meilleurs conditions et d’éviter les comportements agressifs ou déviants (domaine dans lesquels le patrimoine génétique et la méthode d’élevage du naisseur ont effectivement également une grande importance).

    Un chien, même de qualité* qui serait considéré comme un outil aura une efficacité moyenne et sera potentiellement source de problèmes.
    (*au sens de la génétique et du naisseur)

    Un chien traité comme un partenaire correctement positionné par une éducation correcte donnera toute satisfaction de façon quasi autonome sans générer de conflits non désirés (autres animaux, promeneurs, visiteurs…).
    De façon caricaturale : il sera « bien dans sa peau » et parfaitement à sa place dans son rôle de protecteur, le reste ira de soi.

    C’est particulièrement important pour le premier chien, l’effet de « modèle » pouvant faciliter grandement l’intégration du chien suivant : elle doit donc être évitée ,surtout si c’est une première expérience (pour le berger), tant que le premier chien n’est pas « en place ».

    Enfin au-delà de deux chiens on est en présence d’un comportement de meute et là aussi il faut avoir le minimum de formation ou de connaissances pour en comprendre le comportement et interagir correctement avec elle.

  • De mémoire, c’est ce qui ressort d’une étude de l’association Ferus…entre autres données varièes, après lecture de ton dernier bouquin, nous allons traiter le sujet d’une autre manière, en rapport avec tes conclusions personnelles et des retours d’expériences que nous en avons…un peu de patience! Je pense que ton oeil de professionnel exacerbé ne comprends plus, parfois, ce qui ressort, d’une prise en charge par l’éleveur, qui ne sait pas à qui s’adresser pour bien faire, en présence d’un chien qu’il a acquis parfois de manière inhabituelle! Nous en reparlerons!

  • Beaucoup d’incohérence et de désinformation dans ces propos … Il serait temps de comprendre que les chiens de protection ont de tout temps travaillé en meute et en équipe avec leurs bergers. La relation de respect et d’Amour entre le berger et ses chiens est la base de l’efficacité au travail et de l’intégration du chien dans l’espace rural envahi par les néo ruraux et les de Nature. Cela fait plus de 15 ans que je le vis au quotidien. Si les conditions d’une bonne mise en place ne sont pas respectées c’est l’échec assuré.

    L’efficacité de protection tient à la combinaison de 6 facteurs :

    Le patrimoine génétique du chien
    La méthode d’élevage du naisseur
    La méthode de mise en place
    Le travail en meutes de chiens structurées
    L’implication du berger
    Le suivi du placement

    Si l’un de ces facteurs est défaillant, c’est tout le résultat qui sera défaillant. Considérer les chiens de protection comme des sous-produits sans valeur de l’élevage ovin est depuis toujours une erreur fondamentale. Les douze premières semaines vie du chiot, sous la supervision de leur naisseur, sont déterminantes pour sa future carrière de protecteur.

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